Guide de la couverture en chaume : ce qu'il faut savoir

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Une toiture en chaume traditionnelle.

Toiture traditionnelle en chaume, Alsace.

Présentation du toit en chaume

La paille des plusieurs graminées est utilisée pour les couvertures des chaumières.

Plusieurs graminées peuvent être utilisées pour les couvertures des
chaumières, notamment la paille de blé et de seigle.

Un toit en chaume est un type de toiture très ancien et très particulier. Le terme chaume vient de calamus, un mot latin signifiant roseau.

Si vous êtes porteur d'un projet de construction, d'entretien ou de restauration de toiture en chaume, vous pouvez trouver plusieurs entreprises près de chez vous et obtenir plusieurs offres de prix en utilisant cette page.

Aujourd'hui, le chaume désigne la tige herbacée et creuse de certaines graminées débarrassée de ses racines, de son grain ou de sa fleur. Bien que la famille des graminées comprenne plus de 6000 variétés, dont l'avoine, le maïs, l'orge, le riz ou le sorgho, ainsi que des espèces recouvrant les prairies comme les agrostis, les crételles des prés, les pâturins, voire la canne à sucre ou le bambou, les toits en chaume ne sont habituellement réalisés qu'à partir de trois types de matériau : la paille du blé, la paille du seigle ou la tige du roseau.

À l'origine, ces habitats étaient appelés les chaumines, des demeures modestes abritant les hommes et les bêtes dans un même espace confiné. Ces bâtiments agricoles ont ensuite été magnifiés par les écrivains et les peintres, lesquels se sont évertués à gommer la saleté et la misère des lieux afin de leur octroyer un caractère chaleureux et noble.

Au fil du temps, le terme de chaumine a disparu au profit de la chaumière. La libre interprétation de ce terme explique que l'on appelle chaumière n'importe quelle demeure dans laquelle on se sent bien. Pourtant, la véritable chaumière se distingue par son toit en chaume, une partie essentielle de la structure dont la fabrication relève d'un procédé artisanal méticuleux. Cet ouvrage est réalisé par un chaumier.

La chaumière demeure aujourd'hui un élément vivace de notre patrimoine social et culturel.

Aspects historiques et géographiques

Toit en paille de roseau.

La tige creuse du roseau est très utilisée aujourd'hui.

L'apparition du toit en chaume

Les chaumières les plus anciennes que l'on puisse encore étudier furent édifiées au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Pourtant, de nombreux évènements historiques nous indiquent que le toit en chaume existe depuis bien plus longtemps.

L'un des premiers documents qui nous le confirment date de 1307 ; il décrit l'incendie qui ravagea totalement Saintes-Maries-de-la-Mer et mentionne la responsabilité des toits en chaume dans la rapide propagation du feu. Néanmoins, les historiens sont unanimes pour déclarer que nos ancêtres les Gaulois utilisaient déjà le chaume pour faire leurs huttes.

On peut raisonnablement penser que les toits en chaume existaient bien avant notre ère. Somme toute, le roseau et la paille sont des éléments naturels. L'apparition des premières chaumines a sans doute une forte relation avec la sédentarisation des communautés humaines. Dès que l'homme a compris que le travail de la terre et l'élevage des animaux lui permettaient de gérer plus facilement son alimentation, il s'est attaché à améliorer ses conditions de vie et notamment son habitat en construisant un toit au-dessus de sa tête.

Les anthropologues estiment que les premiers toits en chaume sont apparus il y a plus de 6000 ans.

La remise en cause des chaumières

Jusqu'au XIXe siècle, la chaumine était considérée comme un habitat rural populaire destiné à un usage essentiellement agricole. Elle abritait à la fois les familles et les animaux de la ferme. Il s'agissait de logis où régnaient la misère et le manque d'hygiène.

À partir de cette date, des intellectuels dénoncèrent l'état d'insalubrité de ces demeures, une situation qu'ils justifiaient en premier lieu par l'ignorance des habitants. L'une des critiques les plus célèbres date de 1824 et on la doit à M. Lafosse, un représentant de la Centrale d'Agriculture de Rouen. Il publia un rapport qui révélait que la construction des chaumines ne faisait l'objet d'aucune analyse de la part des populations qui y vivaient et qu'en plus, ce type de bâtisse n'était pas entretenu. L'étude listait dans le détail des procédés de fabrication guidés par une moindre dépense, un mauvais usage des matières premières et le mauvais agencement de la demeure.

En réalité, les hygiénistes de l'époque ne contestaient pas les propriétés de chacun des matériaux naturels auxquels on avait recours. Ils leur reconnaissaient même de nombreux avantages économiques, pratiques et isolants.

Ce qu'ils regrettaient, c'était l'ignorance des habitants des campagnes et des ouvriers concernant la qualité de leur logis. Par exemple, l'usage de robustes troncs de bois séchés était minime, car ces matériaux étaient réservés à des emplois jugés plus importants ; les chaumines se caractérisaient par une utilisation excessive d'amalgame composé de terre argileuse, de branchage et de paille. Le mauvais agencement du foyer où l'on venait cuire les aliments et se réchauffer était responsable d'incendies meurtriers ; le manque d'isolation était responsable des maladies alors que le manque d'aération était responsable de l'excès d'humidité et de la propagation des microbes.

Jusqu'au moyen-âge, les chaumines ressemblaient davantage à des tombeaux insalubres qu'à de chaleureux espaces de vie. Aujourd'hui, il s'agit au contraire de maisons chaleureuses, très recherchées sur le marché de l'immobilier en raison de leur forte identité locale et traditionnelle.

Comparer les offres de plusieurs chaumiers.

L'implantation géographique

Chaumière en paille de roseau.

Détail des rives d'une chaumine ou chaumière (Alsace).

Les chaumines sont apparues dans des régions agricoles (pour les toits en paille) ou marécageuses (pour les toits en tige de roseau). Dans les régions forestières, les toitures en bois l'emportèrent largement. Ailleurs, l'ardoise et la tuile commencèrent à couvrir les toits.

C'est principalement dans les pays du nord de l'Europe et dans certaines régions méditerranéennes qu'on trouvait les chaumières. Au Danemark, dans les îles Britanniques, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France ou en Espagne, cet élément fait partie d'un héritage culturel très ancien. Aujourd'hui encore, les toits en chaume se fondent dans le paysage de certaines communes.

En France, plusieurs régions sont concernées par ce type de structure. C'est le cas de la Bretagne, de la Camargue et surtout de la Normandie. Dans cette dernière région, il existe un circuit touristique appelé la Route des chaumières ; en l'empruntant, le visiteur traverse des villages où les toits en chaume sont des éléments habituels. Cette route touristique suit les boucles de la Seine ; elle s'étire sur une cinquantaine de kilomètres de Saint-Nicolas de Bliquetuit jusqu'à Fiquefleur-Équainville. Le village le plus impressionnant de ce circuit est sans doute Vieux-Port, où tous les toits des maisons y sont en chaume, à quelques exceptions près.

D'autres villages aux toits de chaume sont visibles, notamment en Bretagne (dans le Finistère notamment), en Corrèze, ou en Loire Atlantique.

On ne doit pas en conclure que les chaumières se limitent à ces zones géographiques. En effet, on peut apercevoir des toits en chaume dans presque toutes les régions françaises et notamment en Auvergne, dans le Centre de la France, ou en Alsace, dans le Pas de Calais, dans les départements suivants : 06, 27, 28, 43 ou encore dans le 76.

Le retour contemporain de la toiture en chaume

Si le XVIIIe siècle correspond à la remise en cause et à la disparition progressive des toits en chaume, le siècle suivant va le remettre au goût du jour en mettant en avant ses nombreux avantages.

Dès la fin du XIXe siècle, des urbanistes s'élevèrent contre l'extension désordonnée des villes. Pour ces personnes averties, l'homme perdait son identité dans de tels environnements. Henry David Thoreau et Raymond Unwin comptent parmi les plus actifs opposants aux excès de l'organisation urbaine. Ils prônèrent un retour aux principes sociaux du village. On leur doit la renaissance du fameux cottage anglais ou le concept de la cité-jardin.

Les travaux de ces urbanistes ont été repris et améliorés par des architectes, des artisans et même des industriels. Dans le cadre des toits en chaume, cela a permis de mesurer les propriétés techniques des matériaux, d'évaluer leur intérêt, d'établir des procédés de fabrication et des normes d'entretien adéquates. Du même coup, les idées reçues relatives aux manques d'hygiène et aux risques d'incendie liés aux toits en chaume ont été balayées.

La qualité d'un toit de chaume est le résultat d'une construction qui se distingue par l'excellence à tous les niveaux. Pour trouver un artisan couvreur chaumier près de chez vous (construction neuve, entretien, rénovation ou simple renseignement), cliquez ici.

En vidéo : la chaumière normande

Dans la vidéo ci-dessous, d'une durée de deux minutes, on peut découvrir la présentation d'une chaumière de Normandie traditionnelle : toiture en chaume de roseaux et murs à colombages. On peut ensuite visionner un entretien avec un agent immobilier de la région qui prodigue quelques conseils aux futurs acquéreurs de ce type de chaumière typique, très recherchée sur le marché actuel de l'immobilier.

Le prix d'une toiture en chaume

Le prix d'une toiture en chaume dépend de nombreux facteurs.

Le prix d'une toiture en chaume va dépendre de nombreux facteurs.

Combien coûte une toiture en chaume ? Établir un devis et une idée de prix pour la construction, l'entretien ou la rénovation d'un toit en chaume est assez simple : vous pouvez obtenir plusieurs propositions en utilisant cette page. Vous pouvez également vous servir de cette page pour un achat de chaume pour toiture (fourniture seule, sans la pose).

Les prix des toitures sont calculés au m². C'est le cas de la majorité des toitures indifféremment de leur composition (tuiles de terre cuite, béton, couverture en acier, ardoises, bois, shingle, PVC, lauze). Le chaume n'échappe pas à cette règle.

On estime que le coût d'un toit en chaume se situe entre 120 et 150 euros par mètre carré. Cette valeur va en effrayer plus d'un, surtout quand on la compare aux 25 euros des prix d'entrée de gamme des tuiles en terre cuite. Cependant, il ne faut jamais perdre de vue qu'un toit en chaume n'a pas besoin d'une lourde charpente, ni d'une isolation, ni de gouttières ou de système d'évacuation des eaux de pluie.

Comparatif des tarifs

Il faut donc toujours comparer des prix et des devis tout inclus et en considérant la longévité du matériel. La tuile en terre cuite coûte entre 25 et 70 EUR/m2 et sa durée de vie est estimée à une trentaine d'années.

La tuile en béton dépasse rarement les 30 EUR/m² et sa longévité est identique à la tuile en terre cuite.

L'ardoise naturelle coûte environ 120 EUR/m² ; sa longévité peut dépasser les 150 ans ! Cependant, en raison du poids de ce matériau, il faut une charpente robuste et coûteuse.

Une toiture en shingle coûte au maximum une quinzaine d'euros par mètre carré. Sa durée de vie est de 25 ans environ, mais sa performance en terme d'isolation est très limitée et il faudra donc procéder à une isolation adaptée de la toiture.

Comme on le constate, la majorité de ces matériaux ont besoin d'une charpente robuste, d'une isolation, d'un traitement et d'un système d'évacuation des eaux de pluie. Ce qui fait monter rapidement la facture. Le zinc à lui seul atteint facilement les 50 EUR/m².

Aides financières, subventions et assurances

Il est important de noter que les aides financières et subventions gouvernementales accordées aux particuliers dans le cadre d'une construction ou d'une rénovation énergétique sont difficile à obtenir par les propriétaires qui choisissent une toiture en chaume. Et ce, malgré les remarquables propriétés d'isolation du chaume. Cela est dû au fait qu'en terme législatif, un même matériau ne peut pas être à la fois un matériau pour couvrir un toit et un matériau isolant. Or, c'est bien ce qu'est le chaume. Nous retrouvons donc là aussi le flou relatif au chaume que nous évoquions plus tôt.

Cependant, il est possible, sous conditions, d'obtenir certains crédits d'impôts, certaines aides financières et subventions nationales ou locales ; pour savoir si vous y avez droit, cliquez sur le bouton vert situé en haut de page et décrivez votre projet dans le formulaire : vous pourrez alors obtenir l'avis de plusieurs chaumiers habitués à ces problématiques.

Au niveau des assurances, la situation est positive. Grâce au travail entrepris par les professionnels du secteur et notamment l'ANCC, le coût d'une assurance habitation pour une chaumière n'est guère plus élevé que celui d'une maison avec un toit en tuiles. Vous pouvez obtenir et comparer plusieurs offres d'assurance habitation pour un toit de chaume en vous rendant sur ce site.

Avantages et inconvénients

La chaumière présente de nombreux avantages.

Parmi les avantages de la toiture chaume, citons
l'absence de gouttière !

Il peut s'avérer judicieux de résumer les différents points abordés en rappelant les avantages et les inconvénients du toit en chaume. Pour comparer les offres de plusieurs couvreurs chaumiers près de chez vous, sans aucun engagement, utilisez cette page.

Les avantages

Les avantages d'un toit végétal découlent de ses propriétés naturelles et de celles qu'il acquiert lors du traitement du chaume et du travail du chaumier.

L'esthétisme du toit en chaume est indéniable. Son charme unique repose sur son aspect vivant, son imposant volume et les courbes qu'il comporte. Une manipulation plus aisée permet de couper le chaume et de l'ajuster sur mesure et à moindre coût.

Compact et léger, il ne fatigue pas la charpente. Les avantages thermiques sont perceptibles en été (conservation de la fraîcheur) et en hiver (conservation de la chaleur). Les avantages acoustiques sont tout aussi évidents, car le chaume absorbe tous les sons, même celui de la pluie qui tombe.

Les avantages écologiques sont ceux des matières premières non traitées : le chaume est imputrescible et biodégradable.

Par ailleurs, avantage indéniable, une toiture en chaume pourra atteindre une durée de vie qui dépasse les 50 ans quand toutes les conditions sont réunies : une pente de plus de 45 degrés et un entretien régulier fait par un professionnel, soit une longévité supérieure à la plupart de toitures en tuiles par exemple.

Enfin, et pour serrer définitivement le cou aux idées reçues, un toit en chaume bien conçu, bien fabriqué et bien construit n'est pas plus exposé au risque incendie ni plus inflammable qu'un toit en tuiles, il n'attire pas davantage les rongeurs, les nuisibles ou les insectes, et l'absence de gouttière ne constitue pas un danger pour les murs en termes d'humidité (moisissures, champignons ou infiltrations).

Les inconvénients

Les principaux inconvénients du toit de chaume reposent sur des facteurs naturels et humains. La localisation implique des conditions atmosphériques plus ou moins nuisibles au toit en chaume (ce qui est le cas des régions trop humides et trop pluvieuses), ainsi que le choix d'un terrain adapté. Ainsi, il est recommandé de construire sa chaumière dans un lieu dégagé et aéré, et le plus loin possible d'un sous-bois. Dans tous les cas, la pan de la toiture exposé au Nord devra faire l'objet de davantage de contrôle et de surveillance, le développement des mousses pouvant y être plus rapide.

La mise en place de fenêtre dans la toiture en chaume demande des compétences particulières ; pour la pose d'une fenêtre de toit de type Velux ou autre sur un toit en chaume, vous pouvez consulter l'avis de plusieurs professionnels en cliquant ici.

L'entretien régulier et programmé du toit en chaume est crucial pour sa durée de vie. Durant les 7 premières années, aucun entretien n'est nécessaire. Après cette période, il faut qu'un professionnel procède à une révision détaillée tous les 3 ans au moins.

Enfin, en termes de prix au m2, le coût de la construction d'une toiture en chaume est élevé, même si le toit en chaume est un excellent isolant et permet donc des économies d'énergie en termes de chauffage comme de climatisation.

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