Panorama des différents types d'ardoises

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Une décoration de toiture en ardoises naturelles.

Toiture en ardoises naturelles d'Espagne, pose au crochet. Décoration
en forme de coeur (pose au clou) surmontant une grille de ventilation.

Le prix d'une toiture en ardoise

Combien coûte une toiture en ardoise ? Qu'il s'agisse de faire poser une toiture neuve ou d'une rénovation complète de couverture, le prix d'une toiture en ardoises dépend de très nombreux facteurs.

Le tarif moyen au m² d'une toiture en ardoises varie de 70 € / m² à plus de 200 € par mètre carré selon le type d'ardoise (qualité, provenance), le type de pose et la complexité de la toiture concernée. Si vous êtes porteur d'un projet de réfection ou de création de toiture en ardoise, vous pouvez obtenir une estimation précise et personnalisée, et mettre plusieurs fournisseurs, fabricants et couvreurs en concurrence, près de chez vous, en décrivant votre projet sur cette page : estimer le prix d'une toiture en ardoises. Le service est rapide, gratuit, efficace et sans aucun engagement.

Géologie du schiste ardoisier

L'ardoise est une variété de schiste, de couleur grise, noire, parfois rougeâtre, orange, rose, bleue, violette ou tirant sur le vert. Le schiste ardoisier appartient à la grande famille des roches métamorphiques.

Le métamorphisme est la transformation des roches du sous-sol en d'autres types de roches, sous l'effet d'énormes forces de compression, dus aux mouvements tectoniques, mais aussi lorsqu'elles sont soumises à des températures très élevées comme on en trouve en profondeur ou à proximité de chambres magmatiques.

L'origine du schiste ardoisier est une argile à grains fins (diamètre inférieur à 50 micromètres), c'est une roche sédimentaire. Sous l'effet de la pression et des hautes températures, l'argile originelle s'est comprimée, écrasée, formant parfois des plissements, et les cristaux se sont positionnés parallèlement les uns aux autres : la roche forme des feuillets aux niveaux microscopique (roche cristallophyllienne) et macroscopique (clivage).

Il existe des différences de qualités et de couleurs selon la provenance géologique de chaque type d'ardoise.

Chaque type d'ardoise se définit par les spécificités chimiques de sa
provenance géologique, qui influent sur ses qualités et son aspect,
et notamment sur sa couleur et sa teinte.

Cette structure fait tout l'intérêt du schiste ardoisier : en effet, soumis à un choc ou à une pression, un bloc de schiste va se débiter spontanément en plaques à l'aspect lisse et homogène. La surface est assez brillante, car elle correspond généralement à un agencement de cristaux de mica.

Parfois, le schiste ardoisier comprend des cristaux de pyrite, qui fut parfois confondu avec de l'or : on l'appelait alors « l'or des fous ». Des cristaux de pyrite sur une ardoise peuvent la rendre plus fragile, en se dégradant par corrosion (oxydation ou rouille de l'ardoise).

Il y a d'autres types de schistes qui sont exploités pour la construction : par exemple, les lauzes, plaques de couverture plus épaisses que les ardoises et utilisées principalement dans le sud de la France, ou encore la « pierre bleue de Nozay », en Loire-Atlantique. Celle-ci est employée pour des murets, des pavages, des rocailles, des seuils ou des appuis de fenêtre ...

Voici, à titre d'exemple, la composition chimique de l'un des principaux gisements d'ardoise de France, la région d'Angers :

  • Silice 50 %
  • Alumine 30,1 %
  • Oxyde de fer 8 %
  • Eau 3,3 %
  • Potasse 3 %
  • Magnésie 2,3 %
  • Divers 2 %
  • Soude 1,3 %

Histoire de l'ardoise en France

L'utilisation de l'ardoise en France comme matériau de couverture semble commencer réellement au Moyen Age, dès les XIe-XIIe siècles, comme conséquence naturelle de l'évolution de l'architecture et de l'exploitation des ressources disponibles sur place. C'est l'époque où explose la construction de châteaux, manoirs, églises et cathédrales, avec leurs toitures aux formes particulières, peu propices à l'usage de la tuile en terre cuite.

Mais de nombreux vestiges archéologiques partout en France montrent que l'on employait le schiste en construction bien avant, dès le Néolithique, à l'époque des monuments mégalithiques : citons à titre d'exemple certains menhirs à Monteneuf dans le Morbihan, ou d'autres alignements comme ceux de Saint-Just en Ille-et-Vilaine, des dolmens dans plusieurs régions ...

A Angers, grand site ardoisier depuis des siècles, on a d'ailleurs découvert sous l'emplacement du premier château comtal un cairn de schiste comportant plusieurs chambres funéraires et datant d'environ 4500 avant Jésus-Christ.

La tradition raconte qu'au VIe siècle, un certain Lucinius, connétable du roi Clotaire, puis gouverneur d'Anjou et enfin évêque d'Angers, découvrit la fissilité de l'ardoise et initia son utilisation comme matériau de couverture. Canonisé, il s'appelle aujourd'hui Saint-Lézin et a laissé son nom à une commune angevine.

L'ardoise est utilisée depuis des siècles en couverture comme en bardage.

L'ardoise est utilisée depuis plusieurs siècles en toiture
comme en bardage (protection des parois verticales).

Cela dit, l'exploitation de cette roche si particulière prend de l'ampleur entre le XVe et le XVIIIe siècle. Les premiers ardoisiers à se constituer en confrérie en tant que tels semble être les Ardennais, au XVIe siècle. Des documents rapportent qu'en 1811, un groupe de 27 ardoisiers des Ardennes vinrent enseigner leur savoir-faire avancé à leurs homologues bretons ... Dans les Ardennes, des carrières d'ardoise sont exploitées dès le XIe siècle.

En Anjou également, mais l'extraction s'y développe beaucoup surtout à partir du XVe siècle, comme à Trélazé. En dehors du Maine-et-Loire, des Ardennes et de la Bretagne, on trouve aussi des carrières d'ardoise en Corrèze, en Mayenne, dans les Alpes, les Pyrénées, la Haute-Savoie ...

Les carrières et l'extraction peuvent être à ciel ouvert ou souterraines. Jusqu'à environ 1850, l'extraction de l'ardoise resta assez artisanale, avec des petites exploitations et un travail très pénible, notamment le creusement à coups de pics, la remontée des blocs à dos d'homme, l'évacuation des eaux de pluie au seau ... Au début, les puits étaient plutôt verticaux en Anjou, puis la technique ardennaise de tunnels inclinés s'importa dans la région. Puis, peu à peu, des systèmes de treuils et des machines comme les fendeuses vinrent alléger un peu la tâche des mineurs.

Epuisement des gisements, manque de rentabilité ou concurrence étrangère, les ardoisières françaises se sont finalement réduites comme peau de chagrin au XXe siècle. Les Ardennes, région pionnière en matière d'exploitation de l'ardoise, vit toutes ses carrières fermées au début des années 1970. Quant au principal centre de production angevin, Trélazé, il atteignit son apogée en 1905 avec 175 000 tonnes d'ardoises produites, mais connut lui aussi le déclin pour finir par fermer, autour de 2014, officiellement à cause de l'épuisement des filons. Des rumeurs évoquent plutôt un problème de rentabilité financière pour expliquer la fermeture des ardoisières d'Angers.

La France est aujourd'hui le premier consommateur mondial d'ardoises. Autour de 200 000 tonnes d'ardoises sont posées chaque année dans notre pays ! L'ardoise est largement utilisée pour les grands monuments historiques, mais aussi pour les habitations : certaines régions comme les Pays de la Loire ou la Bretagne privilégient l'ardoise comme matériau de couverture traditionnel.

La production nationale ne suffisant plus à assurer l'approvisionnement, la France importe jusqu'à 95 % de ses ardoises : d'Espagne, du Portugal, d'Italie, du Brésil, de l'Inde, de Chine ... L'ardoise canadienne de Québec est quant à elle célèbre et très recherchée pour ses teintes violettes. Notre pays achète entre le tiers et près de la moitié de la production mondiale selon les années.

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Les principales ardoisières françaises

L'exploitation ardoisière en France a marqué les paysages, l'économie et l'histoire locale. Vous trouverez ici des informations sur une sélection de carrières qui ont produit une grande diversité d'ardoises de qualité en France au cours des siècles. Certaines sont encore en activité, d'autres définitivement fermées, quelques-unes reconverties en sites muséologiques faisant revivre aux visiteurs l'histoire de l'ardoise dans notre pays.

Angers Trélazé

Toiture en ardoise d'Angers Trélazé.

L'ardoise d'Angers Trélazé est l'une des plus présentes
sur les toitures en France.

L'exploitation de l'ardoise à Trélazé démarre réellement au XVe siècle. Au début, les sites (Terre-Rouge, Champ-Robert, et Tire-Poche, le premier, ouvert en 1406 ... ) appartiennent à des communautés religieuses, qui les font exploiter par des entrepreneurs et des ouvriers.

Aux XVIe et XVIIe siècle, c'est l'apogée de l'ardoise de Trélazé, qui habille des demeures prestigieuses comme les châteaux de la Loire ou Versailles. Au cours du XVIIIe siècle, il y a de nombreux sites exploités à Angers (Le Bouillou, Le Pigeon, La Hacherie), à Trélazé (Villechien, la Noë, Les Carreaux, Aubinière, Gravelle, Brémandière ... ) et à Saint-Barthélémy (La Paperie). Quatre des sites trélazéens produisent 38 millions d'ardoises avec 981 ouvriers en 1830. A la toute fin du XIXe siècle, l'extraction de l'ardoise à ciel ouvert disparaît au profit de l'extraction souterraine, mais elle sera remise au goût du jour un siècle plus tard.

Plusieurs exploitants se regroupent dès 1891 pour former l'entreprise qui prendra le nom, en 1963, des Ardoisières d'Angers. Celle-ci prend de l'ampleur jusqu'à fournir 60 % de la production française à la fin des années 60. A cette époque, elle dépasse largement les frontières d'Angers et de Trélazé, jusqu'en Bretagne, et emploie plus de 2000 personnes. Les sites exploités sont alors :

  • Les Fresnais, les Grands-Carreaux (Trélazé, Maine-et-Loire)
  • Bel-Air (Combrée, Maine-et-Loire)
  • L'Espérance (La Pouëze, Maine-et-Loire)
  • La Rivière (Saint-Saturnin-du-Limet, Mayenne)
  • Le Limet (Renazé, Mayenne)
  • Co (Ploërmel, Morbihan)

Dans les années 80, malgré une production qui représente 95 % de l'ardoise française, de nombreux postes d'ouvriers commencent à être supprimés. Le déclin de la production s'accentue dans les années 90. Il n'y a plus que deux carrières en 2007, mais l'entreprise importe aussi des ardoises espagnoles. L'ardoise angevine est toujours très prisée, mais les gisements s'épuisent et finalement, l'exploitation s'arrête définitivement fin 2014. De nombreuses rumeurs circulent dans la région quant aux causes réelles de la fermeture des ardoisières d'Angers.

Aujourd'hui, il existe cependant toujours une possibilité d'acheter des ardoises d'Angers, sur le marché de l'occasion. Dans le cadre de certaines rénovations ou chantiers de démolition, des couvreurs arrivent à se procurer des stocks d'ardoises anciennes mais en très bon état qu'ils remettent sur le marché du réemploi, au compte-gouttes. Pour tenter votre chance, formulez votre demande sur cette page.

Noyant-la-Gravoyère (Maine-et-Loire) et la Mine Bleue

A une petite cinquantaine de kilomètres d'Angers, cette commune connut l'extraction de l'ardoise sur plusieurs carrières, comme Misengrain ou Saint-Blaise, entre 1916 et 1986.

Quelques années après leur fermeture, la commune eut l'idée d'ouvrir le site de La Gatelière aux touristes, afin de reconvertir une partie des 300 ouvriers laissés sans emploi par la cessation d'activité de l'ardoisière.

C'est ainsi que la Mine Bleue ouvrit ses portes au public en 1991. Une descente à 126 mètres de fond, des visites guidées de cet univers minéral où règne une température constante de 13°, des reconstitutions et animations font aujourd'hui redécouvrir les techniques d'extraction du schiste et du fendage de l'ardoise aux nombreux visiteurs.

Depuis 2006, c'est le Pays du Haut Anjou Segréen qui a racheté ce site touristique, appelé la Mine Bleue.

Maël-Carhaix (Côtes-d'Armor)

On ne sait quand a commencé l'extraction de l'ardoise sur cette commune bretonne de Maël-Carhaix, mais on sait que fin XIXe, début XXe siècle, elle était à son apogée. Deux cents ouvriers y travaillaient en 1930. La concurrence a provoqué son déclin à la fin du XXe siècle, malgré la très belle qualité de cette ardoise et des tentatives de mécanisation pour améliorer la productivité des sites.

La dernière ardoisière des Côtes d'Armor a fermé en 2000. Toutefois, aujourd'hui, les débris d'ardoise y connaissent un nouvel usage avec le développement du paillage à l'ardoise pour les espaces verts.

Travassac et Allassac (Corrèze)

L'ardoise de Travassac et d'Allassac est bien adaptée en bord de mer et zone littorale.

L'ardoise de Travassac ou d'Allassac est particulièrement adaptée en bord de mer et en zone littorale.

Les carrières et ardoisières de Travassac et d'Allassac en Corrèze furent exploitées dès le XVIe siècle. L'ardoise y est d'une qualité exceptionnelle, en particulier par sa résistance aux chocs, donc à la grêle. L'apogée de son exploitation, là aussi, se situe au début du XXe siècle, avec des centaines d'ardoisiers employés sur les deux communes.

Après un déclin consécutif à la Seconde Guerre Mondiale, en 1989, un certain Jean-François Bugeat reprend seul l'exploitation de la carrière de Travassac. Son succès le conduit en 2006 à rouvrir celle d'Allassac, qui produit aujourd'hui de belles ardoises de forme « tuile d'Auvergne » et vend sa production sur de nombreux chantiers d'Auvergne, de Midi-Pyrénées et du Limousin.

A Travassac, parmi les 7 filons, seul celui qui s'appelle « La Fayotte » est exploité. Chaque ouvrier y traite à l'ancienne une tonne de pierre par jour pour obtenir 200 kilos d'ardoises finies.

L'un des sites est désormais ouvert au public de mars à novembre chaque année pour de passionnantes visites pédagogiques au pied des impressionnantes falaises de schiste : les Pans de Travassac.

A Allassac, l'ardoise est plus facile à extraire et offre plus de possibilités de mécanisation. Sa productivité est plus importante que sa voisine, et très diversifiée (couverture, moëllons, paillage, pas japonais ... )

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Morzine (Haute-Savoie) : l'Ardoisière des 7 pieds

Utilisation de l'ardoise en façade comme bardage de protection.

C'est parfois l'intégralité d'un bâtiment qui peut être
protégée avec de l'ardoise : toiture et façades.

A Morzine, l'emploi du schiste local dans la construction date sans doute du Moyen Age, mais la première trace écrite mentionne le toit de l'église, couvert d'ardoises de Morzine en 1734. A partir de la fin du XVIIIe siècle, les blocs de schiste y sont détachés à l'explosif, fendus et commercialisés. Cette activité était menée entre novembre et avril, car la belle saison était réservée aux travaux agricoles.

L'apogée du site se situe vers le milieu du XIXe siècle, avec 70 carrières et 250 employés.

Le déclin dû à la concurrence d'autres matériaux, mais aussi au développement des activités touristiques (sports d'hiver), commence vers 1930. Quarante ans plus tard, il ne reste plus que quatre sites exploités à Morzine. L'Ardoisière des 7 pieds de Morzine est toujours en activité aujourd'hui, et l'explosif a été abandonné au profit d'outils plus modernes et performants : jusqu'en 2012, on utilisait un câble diamanté pour découper la roche. Depuis, c'est encore mieux, grâce à l'acquisition d'une machine appelée haveuse.

L'ardoise de Morzine, de très bonne qualité, ne contient pas de pyrite et résiste donc à la corrosion. Non gélive, elle est solide et durable. On l'utilise pour les toitures, mais aussi pour la décoration intérieure, les murs ou les escaliers.

Le Neez à Juncalas (Hautes-Pyrénées)

Cette petite ardoisière pyrénéenne, toujours en activité, a la particularité de produire des ardoises légèrement orangées. L'ardoise du Neez est utilisée pour l'aménagement extérieur (murets, dallages, décoration) ou intérieure, ainsi que pour les toitures.

Les Posettes, près de Chamonix (Haute-Savoie)

Cette carrière à flanc de montagne a été exploitée à partir de 1838. Les hommes des environs viennent y extraire dans de difficiles conditions une ardoise grise, utilisée pour recouvrir les sols des fermes. Mais cet usage est finalement abandonné, remplacé après la première guerre mondiale par une exploitation pour les toitures.

En 1921, il y avait une vingtaine d'ouvriers produisant 400 tonnes d'ardoises aux Posettes. Celles-ci partaient dans l'Est où les zones de productions avaient été ravagées par la guerre. Un téléphérique fut même mis en place pour faciliter le transport. Mais, aux alentours de 1935, après avoir fourni nombre d'ardoises pour les écoliers, l'ardoise des Posettes cesse définitivement d'être exploitée. Il subsiste aujourd'hui des galeries où se promener serait dangereux et quelques bâtiments en ruines.

Ardoisière de Cevins, communes de Cevins et La Bathie (Savoie)

Située à une altitude de 1900 à 2000 mètres sur un terrain en pente abrupte, l'ardoisière de Cevins et de La Bathie a fourni un travail difficile aux ardoisiers qui y ont peiné, entre mai et octobre, à partir du XVIe siècle et jusqu'au début du XXe siècle.

D'abord exploitée à ciel ouvert, la carrière fut creusée de tunnels les trois dernières années. Il reste sur place de nombreux vestiges des bâtiments où vivaient les ouvriers, datant pour la plupart de 1750. Au milieu du XIXe siècle, environ 120 ouvriers travaillaient encore là. De beaux parcours de randonnée conduisent aujourd'hui les promeneurs sur ce site riche en traces de son exploitation passée.

Cette ardoise, de belle qualité, obtint une médaille de bronze à l'exposition universelle de 1871. Elle fut employée pour des bâtiments prestigieux, comme une partie du musée du Louvre à Paris, ou le château d'Annecy.

Ardoisières de Labassère (Hautes-Pyrénées), ardoisière de l'Est

Il reste aujourd'hui deux ardoisières actives dans cette petite commune des Hautes-Pyrénées, non loin de Lourdes et de la carrière de Juncalas : L'Ardoisière des Pyrénées (ou Ardoisière de l'Est) et L'Ardoisière de Labassère. Le nom même de la localité vient du gascon « labasse » qui signifie ardoise.

Dans ce village entouré de montagnes, l'exploitation de l'ardoise a commencé dès le XVe siècle. Elle connaît son apogée au XIXe siècle. L'extraction se fait à ciel ouvert, jusqu'en 1920, date où sont creusées les premières galeries. La pierre y est belle et lisse, dans les tons de gris, parfois tirant sur le doré.

Quasiment sans pyrite, non gélive, non poreuse, l'ardoise de Labassère a été employée pour des bâtiments prestigieux (cité de Carcassonne, évêché de Toulouse, Faculté de Médecine de Lyon ... ).

Très diversifiés, les produits proposés par ces entreprises vont de l'ardoise de couverture au paillage pour espaces verts, en passant par les dallages, les plans de travail de cuisine ou les appuis de fenêtre.

Ardoisières de Rimogne (Ardennes)

Utilisation de l'ardoise naturelle en protection des colombages des maisons à pans de bois.

Au-delà de son usage en matériau de couverture, l'ardoise
est également utilisée en protection des colombages des maisons
à pans de bois.

A Rimogne, les premières activités d'extraction attestées sont très anciennes : ce sont trois abbayes qui font exploiter les carrières à ciel ouvert, dès 1158. A cette époque, on appelle là-bas les ardoises des « escailles », et les ardoisières des « escaillères » ... Les carrières changent maintes fois de propriétaires.

Les conditions de travail étaient très difficiles au XVIIIe siècle, les ouvriers s'éclairant à la chandelle, portant sur leur dos des charges de plus de 50kg et souffrant d'une maladie étudiée plus tard par un médecin ardennais : la schistose, version ardoisière de la silicose des mineurs.

A partir de 1779, Jean-Louis Rousseau, ancien concessionnaire des mines de charbon du Forez, rachète la Grande Fosse et améliore énormément la productivité et les conditions de travail. Après sa mort, ses descendants continuent l'expansion de l'entreprise, rachetant toutes les autres fosses des alentours et fondant la Compagnie des Ardoisières de Rimogne en 1831.

A la veille de la Première guerre mondiale, la compagnie emploie 600 ouvriers, produsant 30 à 35 millions d'ardoises par an. Ralentie par les guerres, la production connaît ensuite des hauts et des bas, avant de fermer définitivement en 1971.

Ardoisières de Caumont-L'Eventé (Calvados)

Exploitée pendant 125 ans, sans compter une courte tentative après la deuxième guerre mondiale, l'ardoise de Caumont-L'Eventé dans le Calvados a vu le jour dans des conditions originales : c'est en voulant creuser des citernes près de l'église que l'on découvrit par hasard l'intérêt du filon schisteux, pour la construction.

Les nombreuses galeries de cette carrière accueillent aujourd'hui le visiteur pour un parcours pédagogique (géologie, minéralogie, histoire de l'exploitation ardoisière ... ) jusqu'à la nappe phréatique qui s'étend au fond comme un lac souterrain.

Ardoisière du Couserans

Cette entreprise fut créée en 1994 pour continuer d'exploiter une ardoise de couleur gris bleuté, employée en couverture dans toute la Vallée de la Bellongue, depuis au moins le XIXe siècle.

Extraite à ciel ouvert, l'ardoise du Couserans est travaillée à la main selon les techniques traditionnelles des anciens ardoisiers.

Les différentes techniques d'extraction

Les meilleures parties de la veine étant souvent les plus profondes, c'est l'approfondissement des carrières qui a permis l'utilisation de d'une ardoise de bonne qualité pour les toitures.

Si, au début, tout était manuel, les débuts de la mécanisation ont eu lieu au XVIIIe siècle. Pour autant, le travail est resté très pénible et difficile jusqu'à l'arrivée des véritables machines telles que les brise-roche hydrauliques ou les haveuses.

L'extraction à ciel ouvert

Ce fut la première méthode pratiquée dans les carrières. On creusait le filon d'abord en surface puis on descendait de plus en plus, niveau après niveau, chaque niveau inférieur étant moins large que le précédent.

Les gradins étaient très hauts, et on fendait les blocs sur cette hauteur. On arrêtait de descendre lorsque les risques d'éboulement devenaient trop élevés.

L'extraction souterraine

L'extraction souterraine de l'ardoise peut se faire en descendant ou en remontant.

« En descendant » : on commençait par creuser un puits, et une fois arrivé à un niveau de schiste de bonne qualité, on découpait les blocs latéralement jusqu'à l'obtention d'une grande salle. Ensuite, comme pour l'extraction à ciel ouvert, on descendait en gradins, mais les cavités étaient en général beaucoup plus larges. Malgré la surveillance des fissures, il y eut de nombreux accidents mortels dans ces deux types de carrière.

« En remontant » : on creusait un puits très profond, pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres. Une fois en bas, on pratiquait une galerie latérale, puis une vaste chambre d'extraction, ces premiers déblais étant évacués. Ensuite, on commençait à détacher les blocs au plafond. Les parties utilisables étaient remontées par le puits, les déblais étaient laissés sur place, par terre. Cette couche de déblais allait en s'épaississant, tandis que le plafond s'élevait : la hauteur de la salle était donc à peu près toujours constante, facilitant l'étayage. Et on montait ainsi par étages vers la surface.

Les différentes formes, couleurs et dimensions

Le choix des ardoises se fait en fonction du style architectural de l'habitation ou du bâtiment à couvrir, de son âge, de la pente de la toiture, du climat, mais aussi des traditions régionales et des règles d'urbanisme locales. De nombreux types, formes, couleurs et dimensions d'ardoises sont disponibles sur le marché et s'offrent au choix du particulier cherchant à faire poser une toiture neuve ou à entreprendre une rénovation de couverture en ardoises, qu'il s'agisse d'un bâtiment ancien appartenant au patrimoine local ou national, ou d'une maison individuelle moderne de style contemporain.

Pour toute demande de prix, avec ou sans pose, cliquez ici.

La taille des ardoises

Taille et fente manuelle de l'ardoise naturelle.

Taille et fente manuelle d'ardoise à La Mine Bleue.

Le travail traditionnel de taille des ardoises est toujours pratiqué par des fendeurs en France. Certaines étapes peuvent cependant être automatisées. Voici les différentes techniques de découpe ou de taille des ardoises.

Découpe à la main (taille manuelle)

Devant son bloc de schiste, le fendeur commençait par bien l'observer pour déterminer le longrain (sens de la pierre, comme le fil du bois), le plan de fissilité (celui où les feuillets vont se détacher facilement), et le plan de quernage, perpendiculaire aux deux premiers.

Ensuite, il y avait l'alignage, c'est-à-dire la découpe du bloc dans son épaisseur, en plaques de 5-10 cm ; le boucage (consistant à fendre les plaques dans le sens du longrain, pour donner des morceaux appelés repartons) ; la fente proprement dite, par dichotomie : d'abord en quartelles, puis en jets, puis enfin en fendis (ardoise non encore taillée mais d'épaisseur définitive) ; et enfin, le rondissage, la taille finale de l'ardoise pour lui donner la forme désirée.

Pour toutes ces étapes, les outils utilisés étaient la barre à main, le maillet, le ciseau à querner, la barre à biseau, la scie et le bouc. Pour le rondissage, le doleau et le chaput ou billot étaient utilisés autrefois, puis on inventa une sorte de massicot à pédales.

Pour les découpes particulières, comme la taille des ardoises d'approche ou des arêtières, c'est ensuite l'artisan couvreur qui prend le relais en découpant l'ardoise directement sur le chantier à l'aide d'une enclume de couvreur (enclumette) et d'un marteau de couvreur.

Découpe à la machine (taille industrielle)

Le processus est à peu près le même, mais les outils traditionnels sont remplacés par des machines, comme par exemple la meule au diamant pour le boucage. Pour le rondissage, on utilise aujourd'hui des machines qui taillent l'ardoise avec une fraise.

Les formes et modèles

Les différentes formes d'ardoises.

Figure 1 : Les différentes formes d'ardoises
A. Carrée B. Losange
C. Rectangulaire D. Ronde ou écaille
E. Rombo F. Ogive

Depuis les premières ardoises utilisées quasiment telles que ramassées, proches de la surface, fragiles ou irrégulières, les temps ont changé et les normes ont évolué au fil du temps. Aujourd'hui, l'ardoise, notamment importée de l'étranger, est disponible dans une grande quantité de modèles.

En France, toutefois, il existe une liste de modèles traditionnels encore utilisés aujourd'hui. Un modèle d'ardoise est défini en fonction de sa forme, de sa couleur, de son épaisseur et de sa taille.

Les principales formes d'ardoises sont (voir fig. 1):

  • A. La carrée
  • B. La losange ou losangée
  • C. La rectangulaire
  • D. La ronde (également appelée « en écaille »)
  • E. La rombo
  • F. L'ogive

Les différentes teintes et couleurs

Les ardoises peuvent se présenter sous différentes teintes et couleurs.

Les ardoises naturelles, selon leur provenance, se présentent dans
un grand nombre de couleurs et teintes, du gris clair au noir en passant par
le bleu, le violet, le vert ou l'orange. Ici, toiture en ardoises de Travassac
aux tons mêlés et pose brouillée. On notera la présence d'un
outeau plat d'Anjou à tranchis circulaires.

La couleur ou teinte des ardoises varie du gris clair au noir, en passant par l'orangé, le rose ou les nuances de bleu, de violet (ardoise canadienne de Québec) ou de vert.

Leur épaisseur est généralement comprise entre 2,7 et 9 mm. Les plus fines, en raison de leur plus grande fragilité, sont généralement réservées à des toits à forte pente où il est impossible de marcher : par exemple les brisis de toitures à la Mansart.

Les dimensions

Il existe une variété infinie de dimensions d'ardoises. Parmi les dimensions standards, voici les plus courantes :

  • 1ère Carrée forte 30x22
  • 2ème Carrée 30x20
  • 3ème Carrée 25x18
  • Cartelette 22x16
  • Grande moyenne 30x16
  • Petite Moyenne 27x18
  • Moyenne 27x18
  • Flamande 27x16
  • Reconstruction 355x250 mm
  • 22x32 ou 32x22
  • 24x40
  • 30 x 60
  • 30 x 30
  • 33 x 33
  • 35 x 35
  • 35 x 25
  • 35 x 22
  • 40x22
  • 40x40

Il existe aussi des ardoises pour couvertures « brouillées », souvent à pureaux décroissants : cela désigne les couvertures composées d'ardoises inégales en forme et en taille, qui donnent un charme ancien et rustique à la toiture.

Quel que soit votre projet (création de toiture neuve, remaniement, réfection totale ou partielle de couverture), vous pouvez consulter les prix du marché, avec ou sans pose, près de chez vous, en utilisant cette page.

Les différentes qualités d'ardoises

L'ardoise est un matériau de couverture jouissant d'une longévité exceptionnelle, puisqu'une toiture couverte d'ardoise de qualité présente une longévité et une durée de vie d'au moins un siècle. L'ardoise est non poreuse, non gélive, elle résiste aux acides et à la pollution atmosphérique. Cependant, le schiste ardoisier, selon sa composition chimique et sa provenance, présente des caractéristiques différentes, qui vont entraîner le classement des ardoises dans des catégories qualitatives.

Auparavant, la qualité des ardoises se déclinait en catégories A, B, C, ou Premier, Deuxième ou Troisième Tri ; on parlait aussi d'ardoise 1er choix, 2ème choix, etc. Ces normes ne sont plus d'actualité, depuis 2007. Elles ont été remplacées par un marquage CE, conformément à la Norme Européenne EN 12326 ardoises et pierres pour toiture. Il existe également un label Marque Norme Française NF 228 ardoises qui ne retient que les meilleures ardoises.

Voici les caractéristiques prises en compte pour la détermination de la qualité d'une ardoise :

La réactivité aux chocs thermiques

La réactivité aux chocs thermiques d'une ardoise est définie sur une échelle comprenant trois notes, de la plus qualitative à la moins qualitative :

  • T1 : aspect inchangé, oxydation des particules métalliques acceptées, sauf les taches de rouille (pour le label Marque NF)
  • T2 : changement d'aspect accepté, oxydation admise
  • T3 : formation de trous dus à l'oxydation possible

Le taux d'absorption d'eau

Le taux d'absorption d'eau garantit une étanchéité suffisante. Il se mesure sur l'échelle suivante (plus le taux est faible, meilleure est l'ardoise) :

  • moins de 0,6 %, qualité A1
  • plus de 0,6 %, qualité A2
  • label Marque NF : moins de 0,40 %

La planéité

La planéité d'une ardoise rend sa pose plus ou moins aisée et l'aspect général de la toiture plus ou moins esthétique. La planéité s'exprime selon les termes suivants :

  • Normale (tolérance Norme européenne EN et label NF : 1,50 %)
  • Rugueuse (EN et NF : 1,50% maximum)
  • Texturée
  • Lisse (EN et NF : 1% maximum)
  • Très lisse (EN et NF : 0.9% maximum)
  • Coffine : On appelle ardoise « coffine » une ardoise légèrement bombée du fait d'un défaut dans le plan de fissilité. Ces ardoises peuvent être utiles pour certaines formes de toiture.

Une ardoise est qualifiée de « très plane » s'il n'y a pas d'écart de déformation supérieur à 1mm, « plane » pour des écarts inférieurs à 2mm, et « normale » pour des écarts entre 2 et 4 mm.

La réaction plus ou moins forte au dioxyde de soufre

La mesure de la réaction au SO2 est utile dans les régions très polluées, notamment les régions impactées par une forte pollution automobile, industrielle ou urbaine. Le dioxyde de soufre peut entraîner un ramollissement de l'ardoise qui devra alors être choisie plus épaisse. Cette réaction chimique se mesure sur l'échelle suivante :

  • S1 : Aspect inchangé, absence de ramollissement (label Marque NF)
  • S2 : Ramollissement possible, obligeant à augmenter l'épaisseur de 5 %
  • S3 : Ramollissement, obligation de choisir une épaisseur supérieure à 8mm
Rénovation complète d'une toiture.

Rénovation complète d'une toiture en ardoises à 4 pans.

La teneur en carbonate non carbonaté

La teneur en carbonate non carbonaté doit être inférieure à 2 % (moins de 1,50 % pour le label Marque NF).

La teneur en carbonate de calcium

La teneur en carbonate de calcium doit être inférieure à 1,50 %.

La masse volumique

La masse volumique de l'ardoise doit être supérieure à 2,6 %.

La présence de pyrite

L'inclusion de pyrite peut entraîner une perte d'étanchéité d'une toiture en ardoises. Il existe trois types de pyrite :

  • La pyrite inoxydable se présente en gros cristaux cubiques dorés, ils ne posent pas de problème.
  • La pyrite oxydable : les inclusions fines et ovoïdes brunes sont sensibles à l'oxydation, mais cela n'est un problème que s'ils traversent toute l'épaisseur.
  • La micro-pyrite résiste à toute détection, même avec une analyse chimique, mais elle peut produire de la rouille.

La vérification de l'authenticité, de la provenance et de la qualité d'une ardoise étant parfois très difficile, il s'agit d'être vigilant quant au choix du fournisseur et de faire systématiquement figurer sur le devis, le bon de commande et la facture tous les éléments relatifs à la provenance et aux qualités des ardoises livrées.

Demande de devis pour une réfection de couverture.

L'ardoise d'Espagne

Toiture en ardoises d'Espagne.

L'ardoise d'Espagne s'impose en France depuis la fermeture des
ardoisières d'Angers Trélazé.

Bien que l'exploitation de l'ardoise en Espagne soit plus récente qu'en France, c'est aujourd'hui le premier pays producteur au monde.

Le schiste ardoisier espagnol date de l'ère primaire, le paléozoïque. Il s'est formé entre le Cambrien (570 millions d'années) et le Dévonien (345 millions d'années).

Les principaux gisements exploités se trouvent dans le nord-ouest du pays : Galice (60 % de la production, 15 000 personnes travaillant dans le secteur) et Castilla y Leon. Il y en avait aussi en Extrémadure mais les exploitations sont désormais fermées. Les sites se trouvent dans les régions de Valdeorras (Orense), de Quiroga et Mondoñedo (Lugo), et d'Ortiguera (La Coruña).

L'Espagne exporte 95 % de sa production, entre 400 000 et 700 000 tonnes par an, principalement en Europe (France, Royaume Uni, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Irlande ... le Danemark commence également à importer), mais aussi maintenant aux Etats-Unis.

Pourquoi ce succès ? L'ardoise espagnole est de bonne qualité, comparable à l'ardoise française, même si certains gisements sont plus riches en pyrite et présentent donc plus de risques de rouille et donc de perte d'étanchéité par perforation.

Mais l'Asociaciòn Gallega de Pizarristas (AGP) a effectué des tests pour montrer leur solidité. A titre d'exemple, ils ont soumis un échantillon d'ardoises à 150 cycles de gel et de dégel, ce qui correspondrait à près de 200 ans, et les propriétés de l'échantillon sont restées intactes. On notera cependant que les problématiques du gel et de la pyrite sont deux problématiques distinctes, et qu'une ardoise performante face aux cycles de gel / dégel n'est pas pour autant exempte de pyrite.

Enfin, les prix de l'ardoise d'Espagne sont moins élevés que ceux des ardoises françaises. Pour recevoir plusieurs offres de prix pour un achat d'ardoises d'Espagne, avec ou sans prestation de pose, cliquez ici.

Les différentes techniques de pose

Espacement des chevrons et des liteaux pour une pose d'ardoises au crochet.

Exemple de positionnement des chevrons et des liteaux
pour une pose d'ardoises au crochet.

Bien posées, les ardoises de qualité garantissent une grande longévité de la toiture, avec une durée de vie pouvant atteindre et dépasser le siècle. L'ardoise convient pour toutes les pentes supérieures à 20%, jusqu'à la verticale. Sa pose demande un bon savoir-faire technique, notamment pour les noues et les arêtiers ainsi que pour les formes de toitures particulières.

La réglementation en matière de couverture ardoise se trouve dans le DTU 40.11. Pour des toitures complexes ou anciennes (monuments historiques ou classés au patrimoine), ou le traitement de points singuliers (noues à tranchis, renvers ronds, arêtiers complexes, bardelis, faîtage en lignolet, habillages de lucarnes ou de cheminées ... ) seuls certains maîtres couvreurs disposent des compétences et du savoir-faire nécessaires. Il s'agit souvent d'artisans issus d'un cursus et d'une formation de type Compagnons du Devoir et du Tour de France.

Le support

Les ardoises se fixent soit sur des voliges, soit sur des liteaux. La section de ces pièces est à calculer en fonction de l'écartement des chevrons, du climat (exposition au vent et à la neige notamment en zone montagne), et du poids de la couverture à recevoir.

Les liteaux

Les liteaux (ou lattes) sont des pièces de bois dont, selon les normes françaises, l'épaisseur se situe entre 18 et 30 mm et la largeur entre 35 et 40 mm. Ils sont fixés sur les chevrons, perpendiculairement au sens de la pente, formant le lattis, le litonnage ou le lattage. Il existe aussi des liteaux métalliques.

Les liteaux conviennent pour la pose au crochet agrafe. Le coût des liteaux est moins élevé et la pose plus rapide.

Les voliges

Pose des ardoises au clou.

Avec la pose au clou, aucune fixation n'est visible
à l'extérieur de la toiture.

Les voliges sont des planches de bois jointives ou légèrement espacées, clouées ou vissées aux chevrons et formant le voligeage. Les modèles les plus courants sont épais de 12 à 34 mm et larges de 10 à 30 cm. Les voliges peuvent être en peuplier, en tilleul, en sapin, en bouleau, en aulne, en douglas, en mélèze ...

Les voliges chanlattées ont une section en biseau. La partie plus large est celle qui reçoit les ardoises.

Les voliges conviennent pour la pose des ardoises au clou ou au crochet pointe. La toiture sur voliges est plus solide et plus isolante, mais aussi plus chère et plus lourde que la pose sur liteaux.

La fixation

Fixation des ardoises avec la pose de crochets sur liteaux.

Exemple de positionnement des crochets sur les liteaux.

Les ardoises peuvent être posées au clou ou au crochet.

Pose au clou

La pose au clou est le mode de fixation traditionnel. Les clous sont en fer, cuivre ou en acier inoxydable. Ils ont une tête large et sont invisibles une fois la couverture terminée. Il y a plusieurs façons de procéder, avec un seul clou (clou de tête) ou deux, les deux modes étant souvent utilisés sur une même toiture. La fixation au clou exige la pose de voliges plutôt que de liteaux. L'utilisation de clous inox est vivement recommandée.

Pose au crochet

En cuivre, en acier galvanisé ou en inox, les crochets pour toiture en ardoise se déclinent dans toutes les tailles (7 à 16 cm de long environ). Ceux qui sont en cuivre contribueraient à réduire l'apparition de mousse grâce à un phénomène d'électrolyse. Les crochets à pointes (simples ou doubles) se fixent sur des voliges, les crochets agrafes (crochets pression) sur des liteaux. Les crochets torsadés « Crosinus » créent un petit espace entre les ardoises pour éviter les remontées d'eau par capillarité.

Le type de pose

Selon la forme du toit, le type d'ardoises, l'ancienneté du bâtiment, le budget et bien d'autres critères, il existe un grand nombre de types de poses et de façons de disposer les ardoises. Voici un aperçu des techniques les plus courantes (voir aussi fig. 2).

La pose à pureau entier ou pose à recouvrement (fig. 2 - A)

Chaque rang d'ardoises sera disposé en décalant d'une demi-largeur d'ardoise, par rapport au rang inférieur, et chaque ardoise comportera un pureau apparent, un faux-pureau (partie glissée sous l'ardoise du rang supérieur) et un recouvrement (partie glissée sous les deux épaisseurs des ardoises des deux rangs supérieurs).

La pose à pureau développé (fig. 2 - B)

Les différents types de poses d'ardoises : à pureau entier, développé, à claire-voie ordinaire et développée, en losange et brouillée.

Figure 2 : les différents types de poses
A. Pureau entier ou à recouvrement B. Pureau développé
C. Claire-voie ordinaire D. Claire-voie développée
E. Pose brouillée F. Pose en losange

Le pureau est deux fois plus grand (les deux tiers de l'ardoise), mais chaque rang est doublé, comportant en fait deux rangées d'ardoises superposées, décalées d'une demi-largeur par rapport au rang d'au-dessous.

La pose à claire-voie ordinaire (fig. 2 - C)

Les ardoises ne sont pas posées de manière jointive. On laisse entre elles un espace équivalant au tiers de la largeur d'une ardoise. A part cela, on procède comme pour le pureau entier.

La pose à claire-voie développée (fig. 2 - D)

Comme pour le pureau développé, on économise du lattis, car la taille du pureau est doublée par rapport à la claire-voie ordinaire.

La pose brouillée (fig. 2 - E)

La couverture brouillée est une pose irrégulière (différentes largeurs d'ardoises) qui donne un aspect ancien à la toiture.

La pose en losange (fig. 2 - F)

La pose en losange concerne les façades verticales comme les toitures, elle nécessite des clous et des crochets. Elle peut concerner l'ardoise naturelle comme l'ardoise artificielle fibro-ciment.

Si vous ne savez pas quel type d'ardoise choisir, ou si vous avez besoin d'aide pour la pose, vous pouvez poser vos questions sur le forum de la toiture ardoise.

Ventilation de la sous-toiture

La ventilation d'une toiture en ardoises se fait à l'aide de grilles, mais aussi au faîtage et à l'égout.

Un soin particulier doit être apporté à la ventilation de la sous-toiture
d'une couverture en ardoise. Elle pourra se faire à l'aide de grilles
de ventilation, ou / et au faîtage et à l'égout.

Comme pour les toits en tuiles, il est important de veiller à ce qu'une bonne circulation de l'air soit assurée entre les différentes couches constituant la toiture. Sinon, la vapeur provenant de la maison ou l'humidité de l'air extérieur va favoriser le développement de champignons et moisissures et le pourrissement des bois de charpente.

Pour cela, des contrelattes seront probablement placées par-dessus l'écran de sous-toiture (ce film d'étanchéité que l'on tend sur la charpente), vissées au niveau des chevrons. Cela permettra de bien fixer l'écran de sous-toiture, mais aussi de créer une lame d'air d'au moins 2 cm entre celui-ci et les liteaux ou voliges qui vont supporter les ardoises.

Autres éléments pour l'aération : les closoirs ventilés. Ce sont des accessoires de ventilation à poser au faîtage et à l'égout de la toiture. Rigides, souples ou à peigne, ils constituent des entrées d'air qui provoquent une circulation d'air du bas vers le haut, entraînant l'humidité superflue.

Cela ne suffira pas forcément, suivant la surface de la toiture. Il peut être nécessaire de poser des aérations de style chatières ou grilles de ventilation, judicieusement réparties pour assurer une aération homogène de la sous-toiture. Tous ces choix techniques sont à faire en fonction du type de toiture et de la zone géographique du bâtiment, en respectant les préconisations techniques du DTU 40.11 et celles du fournisseur.

L'ardoise fibrociment, artificielle ou synthétique

Toiture en ardoise artificielle fibro ciment en losange.

Couverture en ardoise artificielle ou synthétique fibrociment.
Pose en losange au clou et au crochet.

L'amiante-ciment, un mauvais souvenir

Le mot fibro-ciment garde encore un parfum sulfureux depuis l'affaire du fibrociment amiante dans les années 90. En effet, jusqu'en 1996, ce matériau était constitué de ciment, d'eau et de fibres d'amiante, cette dernière ayant des propriétés isolantes.

Cependant, les dangers du fibrociment (silicate de magnésium ou de calcium) pour la santé étaient connus depuis les années 30, le cancer de l'amiante reconnu maladie professionnelle dès 1947. A la fin des années 70, une réglementation amiante a été créée pour protéger les salariés travaillant dans des usines exploitant l'amiante, mais, difficile à appliquer, elle n'a pas été réellement efficace. La décision d'interdire l'amiante a enfin été prise en 1996 en France. Les victimes ont été nombreuses. Ce matériau produit des fibres qui provoquent plusieurs maladies. Parmi elles, l'asbestose est une fibrose pulmonaire spécifiquement causée par l'inhalation de cristaux d'amiante, et entraînant une insuffisance respiratoire grave, et parfois un cancer appelé mésothéliome.

A partir de 1997, les industriels ont heureusement modifié la composition du fibro-ciment. Aujourd'hui, il comporte du ciment, de l'eau, des minéraux et des fibres naturelles et synthétiques sans danger pour la santé.

Si vous comptez acquérir des ardoises en fibro-ciment, pour être certain de la qualité du produit, vérifiez la présence de la marque NT (Non asbestos Technology, pour technologie sans amiante) qui vous garantit l'absence totale d'amiante dans le produit.

Avantages et inconvénients de l'ardoise artificielle

Couverture en ardoise synthétique fibrociment.

On reconnaît l'ardoise artificielle synthétique en fibrociment à sa texture lisse,
plane et régulière. Ici, ardoises synthétiques rectangulaires posées
au crochet.

Les ardoises en fibro-ciment ont vu leur esthétique s'améliorer considérablement ces dernières années. De plus, elles ont quelques atouts, puisqu'elles sont :

  • Plus légères que les ardoises naturelles minérales (poids de 17 kg par mètre carré environ, contre un poids au m² de 25 à 70 kg pour des ardoises naturelles minérales)
  • Imputrescibles
  • Imperméables
  • Mais laissent passer la vapeur d'eau
  • Disponibles en de nombreuses formes et couleurs
  • Bien planes et régulières
  • Faciles à poser
  • Beaucoup moins chères que les ardoises naturelles minérales, et il faut avouer que c'est là leur principal intérêt : le prix au m² d'une toiture en ardoise fibrociment oscille autour de 70€ le mètre carré, contre 120€ le mètre carré en moyenne pour le prix d'une toiture en ardoise naturelle.

Cela dit, malgré une nette amélioration de leur aspect, les ardoises en fibro-ciment n'égaleront sans doute jamais l'éclat et la noblesse des vraies ardoises sur le plan de l'authenticité et de l'esthétique.

Il faut également reconnaître que la production de l'ardoise naturelle est beaucoup plus écologique : la consommation d'eau et d'électricité est bien moindre (respectivement dix fois et six fois moins), l'émission de dioxyde de carbone aussi , il y a très peu de déchets puisque les débris sont utilisés en paillage par exemple ...

De plus, leur longévité respective est incomparable : la durée de vie des ardoises fibrociment est d'une trentaine d'années, alors que la longévité des ardoises naturelles est d'au moins cinquante, cent, voire cent cinquante ans, et ces dernières sont aussi résistantes au gel et au soleil que les premières.

Enfin, la couleur des ardoises synthétiques peut s'altérer avec le temps, et des mousses et lichens peuvent s'y développer plus rapidement, obligeant à faire procéder régulièrement à un démoussage et à un traitement de toiture.

Finalement, le choix entre les deux dépend essentiellement du budget disponible pour l'achat de la couverture, ou éventuellement de l'incapacité de la charpente à supporter le poids des ardoises naturelles.

Comparer les offres de plusieurs fournisseurs et fabricants.